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Le nom des notes en do ré mi et en C D E

Les musiciens nomment les hauteurs avec sept noms qui reviennent en boucle. Ce chapitre présente les syllabes do ré mi, leur origine médiévale, les lettres anglo-saxonnes C D E, la notation allemande avec H et B, et la notation scientifique qui précise l'octave de chaque note.

Dans la comédie musicale La Mélodie du bonheur, de Richard Rodgers et Oscar Hammerstein, la gouvernante Maria apprend la musique aux enfants von Trapp avec la chanson « Do-Ré-Mi », où chaque syllabe devient le début d'un mot imagé. La chanson grimpe une à une les sept notes de la gamme puis atteint le do suivant, et l'oreille sent bien que cette dernière note ressemble à la première, en plus aigu. Vous connaissez donc déjà, au moins de mémoire, la suite do, ré, mi, fa, sol, la, si.

Le chapitre hauteur, durée, intensité et timbre a montré qu'un son possède une hauteur, plus grave ou plus aiguë. Pour parler de ces hauteurs avec précision, les musiciens leur donnent des noms. Le présent chapitre vous apprend ces noms dans les trois systèmes que vous croiserez le plus souvent, et vous montre comment préciser la hauteur exacte d'une note.

Sept noms qui reviennent en boucle

La musique occidentale utilise sept noms de notes, que l'on récite toujours dans le même ordre en montant vers l'aigu.

do 4C4ré 4mi 4fa 4sol 4la 4si 4do 5C5ré 5mi 5fa 5sol 5la 5si 5do dièse 4ré dièse 4fa dièse 4sol dièse 4la dièse 4do dièse 5ré dièse 5fa dièse 5sol dièse 5la dièse 5
Les sept notes do, ré, mi, fa, sol, la, si sur les touches blanches du pianoTouches en évidence : do 4, ré 4, mi 4, fa 4, sol 4, la 4, si 4

Écoutez maintenant ce qui arrive après le si. La note suivante porte de nouveau le nom de do, et la série recommence avec ré, mi, fa et ainsi de suite. Les sept noms forment donc un cycle, un peu comme les sept jours de la semaine qui reviennent après le dimanche. Ce retour du même nom correspond à une vraie parenté sonore, car les deux do sonnent comme une même note placée plus haut. Le chapitre octaves et registres explique ce phénomène.

Les noms de notes en montant puis en descendant

Entraînez-vous à réciter la suite dans les deux sens, jusqu'à la dire aussi vite que l'alphabet. La récitation descendante, do, si, la, sol, fa, mi, ré, do, demande un peu plus d'effort au début, et elle vous servira constamment pour lire la musique.

D'où viennent do, ré, mi ?

Les syllabes remontent au XIe siècle et à un moine italien, Guido d'Arezzo, qui enseignait le chant aux jeunes chantres. Pour les aider à mémoriser les hauteurs, il utilisait une hymne latine en l'honneur de saint Jean Baptiste, « Ut queant laxis », dont la mélodie possède une propriété remarquable. Chacun de ses six premiers vers commence sur une note plus haute que le précédent, en montant degré par degré.

Les notes de départ des six premiers vers de l'hymne « Ut queant laxis »

Le système de Guido comportait six syllabes, de ut à la. Les musiciens ont ajouté plus tard une septième syllabe, si, formée à partir des initiales du dernier vers, « Sancte Iohannes ». Au XVIIe siècle, les chanteurs italiens ont remplacé ut par do, plus facile à chanter sur une voyelle ouverte, et la tradition attribue souvent ce changement au théoricien Giovanni Battista Doni. Le mot ut a survécu en français dans quelques expressions savantes, comme la « clé d'ut » que vous étudierez en partie 2 ou les titres d'œuvres anciennes en « ut majeur ».

Le chapitre hexacordes et solmisation guidonienne raconte la suite de cette histoire.

Les lettres anglo-saxonnes de A à G

Les pays de langue anglaise, et à leur suite une grande partie du monde, désignent les notes par les sept premières lettres de l'alphabet. L'alphabet commence au la, si bien que A correspond à la, B à si, C à do, et ainsi de suite jusqu'à G pour sol.

Syllabedorémifasollasi
Lettre anglo-saxonneCDEFGAB
Lettre allemandeCDEFGAH

Vous rencontrerez ces lettres partout, même dans un environnement francophone. Les grilles d'accords des guitaristes, les partitions de jazz, les logiciels de musique et les accordeurs électroniques les emploient presque tous. Un accordeur qui affiche « A » vous indique simplement que vous jouez un la. Le jazz utilise ces lettres pour nommer les accords, comme le montre le chapitre lire une grille et un lead sheet.

Deux roues concentriques font correspondre les syllabes do ré mi fa sol la si aux lettres C D E F G A B
Syllabes et lettres, deux noms pour les mêmes notesIllustration Diapason

La notation allemande et ses lettres H et B

Les pays germaniques utilisent aussi des lettres, avec une différence importante. Les musiciens allemands appellent le si H, tandis que la lettre B désigne un si abaissé d'un demi-ton, que l'on nomme si bémol en français. Le chapitre dièse, bémol et bécarre expliquera le bémol en détail, et il vous suffit pour l'instant de savoir qu'il désigne une note un peu plus grave. L'allemand forme aussi les autres notes altérées avec des suffixes, -is pour les notes haussées comme Fis (fa dièse) et -es pour les notes abaissées comme Es (mi bémol).

Cette particularité a permis aux compositeurs d'écrire des noms en musique. Les quatre lettres du nom de Bach deviennent ainsi des notes, B pour si bémol, A pour la, C pour do et H pour si. Jean-Sébastien Bach lui-même a glissé ce motif dans la dernière fugue, restée inachevée, de L'Art de la fugue. Au XIXe siècle, Franz Liszt a composé pour l'orgue un Prélude et fugue sur le nom de B-A-C-H en hommage au maître, puis il en a tiré une version pour piano.

Le motif B-A-C-H, soit si bémol, la, do, si

Dmitri Chostakovitch a fait de même avec ses propres initiales, transcrites à l'allemande D-S-C-H. La lettre S sonne comme Es en allemand, c'est-à-dire mi bémol, et le motif donne ré, mi bémol, do, si. Ce motif ouvre son Quatuor à cordes numéro 8, opus 110, composé en 1960, et il revient tout au long de l'œuvre comme une signature.

La notation scientifique précise l'octave

Un nom de note désigne en réalité une famille de sons, puisque chaque nom revient à intervalles réguliers du grave à l'aigu. Pour désigner un son précis, la notation scientifique ajoute un chiffre après la lettre. Le chiffre indique l'octave, c'est-à-dire la tranche de sept notes, de do à si, qui contient la note.

La règle tient en peu de mots, car le chiffre change à chaque do. La note C4 est le do situé au milieu du clavier du piano, que les musiciens appellent le do central. Les notes qui le suivent vers l'aigu jusqu'au si portent le même chiffre, D4, E4, F4, G4, A4 et B4. Le do suivant devient C5, et la note juste au-dessous de C4 porte le nom de B3. Le la du diapason à 440 hertz, présenté au chapitre précédent, correspond donc à A4. Le clavier du piano moderne va de A0, sa note la plus grave, à C8, sa note la plus aiguë.

do 4C4ré 4mi 4fa 4sol 4la 4si 4do 5C5ré 5mi 5fa 5sol 5la 5si 5do dièse 4ré dièse 4fa dièse 4sol dièse 4la dièse 4do dièse 5ré dièse 5fa dièse 5sol dièse 5la dièse 5
Le do central (C4) et le la du diapason (A4)Touches en évidence : do 4, la 4
Clavier de piano sur trois octaves avec les numéros 3, 4 et 5 qui changent à chaque do
Le numéro d'octave change à chaque doIllustration Diapason

À retenir

  • Les sept noms de notes do, ré, mi, fa, sol, la et si reviennent en boucle du grave à l'aigu.
  • Guido d'Arezzo a tiré les syllabes ut, ré, mi, fa, sol et la d'une hymne à saint Jean Baptiste, puis do a remplacé ut.
  • Les lettres anglo-saxonnes vont de A pour la à G pour sol, donc C correspond à do.
  • La notation allemande appelle le si H et réserve la lettre B au si bémol.
  • La notation scientifique ajoute un chiffre qui change à chaque do, et le do central porte le nom de C4.

Exercices

Exercice 1 · Des lettres aux syllabes

Réponse courte

Traduisez en syllabes françaises la suite de lettres anglo-saxonnes suivante : G, E, A, D, B, F, C.

Comparez votre réponse avec la correction

Formulez votre réponse, puis comparez-la avec la correction.

Exercice 2 · La lettre H

QCM

Sur une partition imprimée en Allemagne, quelle note désigne la lettre H ?

Choisissez une réponse.

Exercice 3 · Des noms en musique

Analyse

Robert Schumann a composé en 1830 des variations sur le nom d'une jeune pianiste de sa connaissance, Meta Abegg, en utilisant la notation allemande. Donnez en syllabes françaises les cinq notes du motif A-B-E-G-G.

Comparez votre réponse avec la correction

Rédigez votre analyse, puis comparez-la avec la correction.

Exercice 4 · Jusqu'où monte la mélodie ?

Écoute

Écoutez cette courte mélodie qui part de do. Elle monte note par note avant de redescendre. Indiquez le nom de la note la plus aiguë, puis le nombre de noms différents qu'elle utilise.

Une mélodie qui monte puis redescend

Comparez votre réponse avec la correction

Écoutez ou lisez l'extrait autant de fois que nécessaire avant de consulter la correction.

Exercice 5 · La notation scientifique

Réponse courte

Donnez la désignation scientifique de chacune des notes suivantes : le la situé une octave au-dessus de A4, le do central, et la note blanche juste au-dessous du do central.

Comparez votre réponse avec la correction

Formulez votre réponse, puis comparez-la avec la correction.

Exercice 6 · Comparer B4 et C4

Vrai ou faux

Vrai ou faux : la note B4 sonne plus aiguë que la note C4.

Cette affirmation est-elle vraie ?

Pour aller plus loin

Le chapitre do fixe et do mobile présente deux manières de chanter avec les syllabes, où do désigne toujours la même note ou bien la note de départ de la gamme. Le chapitre suivant vous apprend à trouver toutes ces notes sur le clavier.